Gaza : la malnutrition atteint un niveau catastrophique

À Gaza, après des mois sans aide humanitaire, la malnutrition atteint désormais des niveaux critiques. La situation est alarmante : la population entière souffre d’une insécurité alimentaire grave, et environ 470.000 personnes – soit 22 % de la population – sont directement menacées par la famine, selon les dernières estimations de l’IPC. Une personne sur trois peut passer plusieurs jours sans accès à aucun aliment.
D’après les dernières données de l’UNICEF, environ 90 000 enfants nécessitent un traitement urgent contre la malnutrition. Les hôpitaux font face à une augmentation des cas d’épuisement extrême et de symptômes liés à la sous-alimentation.
Une crise humanitaire sans précédent
« Le peuple de Gaza fait face à une catastrophe humanitaire sans précédent », alerte Nebal Farsakh, porte-parole du Croissant-Rouge palestinien.
Elle ajoute :
“ « De plus en plus de personnes sont hospitalisées pour malnutrition, en particulier des enfants, des femmes enceintes et des personnes âgées. L’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux médicaments est devenu extrêmement difficile. »”
Aujourd’hui, un kilo de farine peut coûter entre 45 et 60 dollars US. Pour les familles, il est devenu impossible de nourrir leurs enfants.
Dans les hôpitaux de fortune comme celui de Rafah ou à l’hôpital Al Quds à Gaza-Ville, les équipes médicales font l’impossible avec des moyens très limités. Elles fournissent une assistance nutritionnelle d’urgence, des compléments alimentaires essentiels et des soins médicaux de base.
Des hôpitaux débordés, des enfants en danger de mort
À l’hôpital Al Quds de Gaza-Ville, le docteur Mohamed El-Deeb, du Croissant-Rouge palestinien, décrit une situation critique :
« Les enfants souffrent de malnutrition sévère. Ils manquent de compléments alimentaires, de protéines, de glucides essentiels. Ils sont étourdis, épuisés, somnolents… Certains s’effondrent dans leur sommeil. Nous recevons chaque jour de nouveaux cas dans cet état critique. »
Les équipes médicales, comme celles de la Croix-Rouge à Rafah, travaillent 24h/24 dans des conditions extrêmement précaires, tentant d’apporter des soins et des compléments alimentaires avec des ressources quasi inexistantes.
Une infrastructure détruite, une aide vitale insuffisante
Après plus de 20 mois de conflit, les infrastructures vitales de Gaza – électricité, eau, soins médicaux – sont en ruine. Les coupures d’eau potable, le manque d’hygiène et l’absence de médicaments aggravent encore la situation.
Le Dr El-Deeb alerte :
“« Nous faisons face à une pénurie extrême de produits de base comme la farine, le sucre, les protéines… C’est une crise totale. »”
Face à la faim, de nombreuses personnes marchent pendant des heures dans des zones dangereuses pour tenter de trouver de la nourriture. Certains reviennent blessés. D’autres ne reviennent pas. Et ceux qui réussissent à revenir, ne trouvent souvent que quelques maigres provisions.
La Croix-Rouge toujours active
Entre le 27 et le 31 juillet, le Croissant-Rouge égyptien a pu faire entrer cinq convois transportant plus de 5 000 tonnes d’aide, comprenant notamment des colis alimentaires et de la farine.
Le Croissant-Rouge palestinien reste également pleinement mobilisé malgré des conditions extrêmement dangereuses. Plus de 1.400 membres du personnel et volontaires interviennent chaque jour à Gaza et en Cisjordanie. Les équipes continuent d’opérer des hôpitaux, cliniques, ambulances, abris pour déplacés et postes médicaux, même si nombre d’entre eux ont été endommagés ou fermés en raison des bombardements et des évacuations. Ses équipes assurent également des évacuations de blessés, des soins d’urgence, des accouchements en situation critique, ainsi que des campagnes de vaccination et des actions de soutien psychologique.
Malgré des ressources limitées et un accès humanitaire extrêmement restreint, leur présence sur le terrain reste essentielle pour sauver des vies.
Un appel à la communauté internationale
Le Croissant-Rouge palestinien, malgré la situation, continue de répondre présent, de sauver des vies et d’offrir un espoir à une population en détresse. Mais le temps presse.
Gaza a un besoin urgent d’un acheminement continu et sans entrave d’aide humanitaire. Les civils doivent être protégés. Les travailleurs humanitaires doivent pouvoir agir en sécurité. Et la communauté internationale doit se mobiliser sans plus attendre.
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