Soudan : trois ans au cœur de l’une des pires crises humanitaires mondiales

International15 avr. 2026

Le 15 avril 2026 marque trois ans depuis l’escalade du conflit au Soudan. Depuis 2023, le pays est plongé dans une crise prolongée qui a profondément déstabilisé la vie de millions de personnes.  

En trois ans, le Soudan a connu l’effondrement de nombreuses infrastructures essentielles, des déplacements massifs de population et une détérioration continue des conditions de vie. La crise est aujourd’hui considérée comme l’une des plus graves crises humanitaires au monde, avec des besoins en constante augmentation. 

Une crise d’une ampleur inédite 

Les chiffres donnent la mesure du désastre : près de 33,7 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire urgente en 2026 — soit presque la moitié de la population. 

Dans de nombreuses régions, les combats ont détruit les infrastructures de base. Le système de santé est particulièrement touché : 70 à 80 % des structures médicales seraient hors service ou fonctionnent de manière très limitée, laissant plus de 20 millions de personnes sans accès adéquat aux soins. L’insécurité alimentaire atteint également des niveaux critiques, avec plus de 21 millions de personnes confrontées à une faim aiguë. 

Les réseaux d’eau et d’électricité sont largement endommagés, et l’agriculture — principale source de subsistance pour une grande partie de la population — est fortement perturbée. À cela s’ajoutent des violences persistantes, notamment des violences sexuelles largement sous-déclarées, qui aggravent encore les conséquences humanitaires du conflit. 

Des déplacements et retours qui s’entrechoquent 

Le conflit s'est déplacé à plusieurs reprises à travers le pays, de Khartoum au Darfour et aux États du Kordofan, provoquant des vagues successives de déplacements de population. Environ 11 millions de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. 

Parallèlement, un nombre croissant de personnes rentrent chez elles, pour souvent trouver leurs maisons détruites et les infrastructures et services essentiels gravement réduits, voire inexistants. Elles doivent faire un choix impossible : rester déplacées avec un soutien limité ou retourner chez elles et repartir de zéro. 

« De nombreuses familles, principalement des femmes seules avec leurs enfants, ont fui à plusieurs reprises ces trois dernières années. Aujourd'hui, nous voyons des personnes retourner dans des zones où les services essentiels ont disparu : ni eau, ni soins de santé, ni écoles », témoigne Thierry Balloy, chef de délégation Croix-Rouge au Soudan. 

Survivre, même en exil 

Plus de 4,5 millions ont d’ailleurs franchi les frontières, cherchant protection au Tchad, en Égypte ou encore au Soudan du Sud. Mais dans les camps des pays voisins, la vie est aussi marquée par la précarité.  

À l’est du Tchad, dans le camp d’Arkoum camp, les ressources sont partagées entre des populations toujours plus nombreuses. Trouver de l’eau, essentielle à la vie quotidienne, devient une épreuve : elle se trouve souvent loin, parfois dans des vallées, et il faut la transporter à la main sous une chaleur accablante.  

« L'eau est essentielle à la vie. Sans eau, nous ne pouvons ni manger, ni boire, ni faire les tâches ménagères. Et ce sont principalement les femmes qui en assument la responsabilité, car elles prennent soin de leur famille » , explique Teibo, volontaire à la Croix-Rouge tchadienne, elle-même confrontée au manque de ressources. 

Une réponse humanitaire sous pression 

Face à cette crise en mouvement, la Croix-Rouge tente d’adapter ses interventions et les priorités sont claires : 

  • santé et soins mobiles, 
  • accès à l’eau et à l’assainissement, 
  • aide alimentaire d’urgence, 
  • et surtout, transferts d’argent pour permettre aux familles de choisir elles-mêmes leurs besoins essentiels.  

Mais les besoins dépassent largement les ressources. 

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