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Croix-Rouge de Belgique
12.03.2025 |

Fermeture du Train Hostel : des familles, enfants et bébés menacés d’un retour à la rue

Alors que l’hiver touche à sa fin, l’inquiétude grandit au sein des équipes de la Croix-Rouge de Belgique et de Médecins du Monde : le centre d’hébergement hivernal « Train Hostel », qui accueille actuellement 103 personnes, dont 61 mineurs et 13 bébés, est menacé de fermeture au 31 mars. Faute de solution pérenne, ces familles risquent de se retrouver à la rue, dans une précarité extrême.

Depuis sa réouverture en novembre dernier, dans le cadre du plan hivernal, le Train Hostel a été un refuge pour des familles entières sans solution d’hébergement. Ces dernières bénéficient non seulement d’un toit et de repas, mais aussi d’un accompagnement social et médical assuré par la Croix-Rouge et Médecins du Monde. Un dispositif pertinent, sur le long terme, qui a prouvé son utilité. Depuis l’ouverture :

  • 7 familles ont été accompagnées dans leurs démarches de régularisation, et 5 d’entre elles ont déjà été régularisées
  • 2 familles ont trouvé un logement privé, 3 ont été orientées vers des structures spécialisées
  • 8 familles et un homme isolé ont démarré les procédures d’accès à l’Aide Médicale Urgente (AMU)
  • 7 demandeurs de protection internationale ont été orientés vers Fedasil.

Un témoignage engageant

Fanta, une maman de 3 enfants, confie son soulagement. La procédure a été longue, mais elle a décroché un travail en CDI et grâce à l’accompagnement du centre, vient de trouver un appartement pour sa famille.

« La Croix-Rouge a fait énormément pour moi. Je suis originaire de Côte d’Ivoire. J’ai été régularisée en Espagne où j’ai vécu 10 ans. Victime de violence conjugale, j’ai rejoint la Belgique sur conseil d’un membre de ma famille qui avait proposé de m’héberger. C’était mon seul contact en Belgique, mais je me suis retrouvée à la rue, gare du Midi avec mes enfants, à dormir sous un pagne. J’étais désespérée. Aujourd’hui, après plusieurs mois passés dans le centre, ma situation est régularisée en Belgique, je travaille, mes enfants vont à l’école et je vais déménager prochainement dans mon appartement. Mais je suis triste pour les autres résidents du centre pour lesquels on n’a pas eu le temps de trouver des solutions : plusieurs familles étaient en pleurs quand on a annoncé la fermeture prochaine »

220 consultations médicales et en santé mentale

Médecins du Monde s’inquiète par ailleurs des conséquences médicales et mentales d’un retour à la rue :

“Entre décembre et mars, les équipes ont donné 140 consultations médicales et 84 consultations en santé mentale au Train Hostel. Ces interventions ont contribué à stabiliser les patients et à les intégrer dans le système de soins. Ces efforts seront bientôt vains. Beaucoup de nos patients et patientes sont dans des situations de si grande vulnérabilité qu’un retour dans la rue serait irresponsable.”

En conclusion, l’histoire du Train Hostel illustre le besoin de solutions structurelles et pérennes pour les familles sans-abri à Bruxelles. A la même période, l’année passée, faute de financement durable, à l’issue du plan hivernal, le centre avait déjà dû fermer une première fois. Heureusement, une solution avait pu être trouvée pour toutes les familles. Aujourd’hui, le scénario se répète, mais hélas l’avenir de nombreux résidents est incertain. 

Ce constat est d’autant plus alarmant que, depuis janvier 2024, le Hub Humanitaire de Bruxelles a déjà dû refuser l’hébergement à près de 90 familles. Le manque de places d’accueil est chronique, et la fermeture du Train Hostel ne fera qu’aggraver la situation.

Un appel à des solutions durables

La Croix-Rouge de Belgique et Médecins du Monde tirent donc à nouveau la sonnette d’alarme : les dispositifs hivernaux, bien qu’essentiels, ne suffisent pas à répondre à la crise du sans-abrisme. Il est urgent de développer des solutions structurelles pour assurer un accueil digne et un accompagnement vers la stabilité et la réinsertion.
La fin de l’hiver ne signifie pas la fin de l’urgence sociale. Face à une crise qui ne cesse de s’amplifier, nous appelons à une réponse forte et durable.

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